Le président russe Dimitri Medvedev juge que la crise actuelle a été provoquée par « l’égoïsme de certains pays », comme il l’a déclaré il y a quelques jours à Evian. Il souhaite, comme d’autres dirigeants des BRIC, un renforcement du système de gestion des risques économiques et financiers à l’échelle mondiale. A ses yeux, il faut inclure dans les discussions internationales les économies émergentes qui jouent déjà un rôle important, notamment la Chine, l’Inde et le Brésil. Le dirigeant russe souhaite même que le sommet du G8 destiné à la refondation du système financier soit élargi à ces pays.
Sur le plan intérieur, les autorités russes ont très vite pris la mesure de la profondeur de la crise porteuse de menaces pour une économie qui se rétablit lentement de la terrible descente aux enfers de 1998-1999. Un groupe de travail spécial pour gérer les conséquences de la tourmente financière et pour prendre les mesures indispensables vient d’être créée à Moscou, sous la direction du Premier ministre Vladimir Poutine.
La chambre basse du parlement russe, la Douma, quant à elle, a approuvé le 10 octobre en troisième lecture deux plans anti-crise pour un total de 63 milliards d’euros. Parmi les principales mesures on dénombre l’octroi de 36,6 milliards d’euros aux banques et entreprises qui cherchent à refinancer les dettes étrangères et de 26,6 milliards d’euros sous forme de prêts subordonnés aux principales banques du pays.
Le prêt aux banques a pour but d’augmenter les liquidités dans le secteur bancaire et d’encourager les institutions les plus importantes à prêter de l’argent aux plus petites. Les banques privées pourront solliciter des prêts d’un montant ne dépassant pas 15% de leur capital, à condition que les actionnaires privés soient eux aussi prêts à avancer des fonds d’un montant représentant le double de ce que prête l’Etat. Les deux sources de financement seront le budget de l’Etat russe et la Banque centrale de Russie.
En même temps, le gouvernement prévoit d’investir 4,9 milliards d’euros dans les marchés financiers. Selon le Premier ministre Vladimir Poutine, « compte tenu de la situation complexe des économies occidentales face à la crise, il est normal que le gouvernement consacre une partie des ressources dont il dispose à l’achat de valeurs russes et non pas étrangères. » Face à la tourmente financière, le gouvernement russe a choisi d’empêcher l’effondrement de son marché boursier qui était rentré dans une zone de turbulences à l’instar des bourses occidentales. La Bourse de Moscou avait dévissé d’environ 50% depuis le 1er septembre, soit l’une des plus fortes chutes enregistrés au niveau mondial.
Igor Staniev

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