L’économie brésilienne est solide et devrait poursuivre sa croissance malgré la crise financière mondiale, assurent les autorités de Brasilia. Mais après avoir répété que le Brésil ne serait pas touché par la crise, le président Lula a été obligé de reconnaître que « des difficultés sont à prévoir », toute en estimant qu’elles seraient minimes grâce à la solidité du marché intérieur et à la diversification du commerce extérieur du pays. Lula compte sur les réserves de change de 207 milliards de dollars pour faire face aux vents de panique qui soufflent sur la planète financière.
Malgré cet optimisme, Brasilia a d’ores et déjà pris des mesures pour protéger l’économie du pays, en volant au secours des petites banques qui ont des difficultés à capter des crédits. Le président de la Banque Centrale Henrique Meirelles a annoncé de nouvelles mesures pour « augmenter la liquidité » du marché du crédit. Comme le principal effet de la crise sur l’économie brésilienne porte justement sur ce marché, la BC a débloqué près de 60 milliards de Reais (environ 27 Milliards de USD) pour aider ces banques. Parallèlement, la banque publique BNDS a décidé de placer 2,5 milliards de dollars sur une ligne de crédit mise à la disposition des exportateurs brésiliens.
Le secteur agroalimentaire brésilien sera lui aussi très affecté par la crise. Les estimations de croissance du PIB agroalimentaire ont été revues à la baisse, passant des 12% prévus initialement à 9%.Toutefois, cette baisse ne se fera sentir que l’année prochaine car en 2008 la croissance était au rendez-vous, enregistrant plus de 6,7% entre les mois de janvier et juillet. Autre point noir : la baisse du prix des matières premières. Celle-ci, alliée à une pénurie mondiale de crédit, risque de ralentir la croissance brésilienne en phase d’accélération après des années de stagnation. Le pays était rentré dans une spirale vertueuse, grâce notamment à une croissance soutenue, au faible taux d’inflation, à la stabilité monétaire et à un endettement réduit. Tout cela risque d’être remis en question si la crise se poursuit. Pour rassurer l’opinion publique, le Président Lula a appelé ses concitoyens « à ne pas trembler », tout en demandant aux Etats-Unis et au FMI « d’établir un contrôle des organismes internationaux sur le marché financier mondial ».
Alex Mendes

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