Rien ne va plus sur la planète finance en Inde : la Bourse de Bombay, le thermomètre par excellence de la santé financière du pays, est en déconfiture. Affolée, la Banque Centrale injecte des milliards de roupies dans le système financier, les entreprises craignent le pire et tout le monde panique. Le gouvernement joue la carte de la sérénité, assurant que la douzième économie mondiale est à l’abri de la crise mais ses prises de position ne trompent personne : les indices boursiers plongent avec à leur tête celui de Bombay : moins 7% en une journée. Au total, la plus ancienne Bourse d’Asie a chuté de 44% depuis le début de l’année.
La roupie est elle aussi à son plus bas niveau face au USD ( 50 Rp =1 dollar). Pour la première fois les investisseurs, notamment les fonds étrangers, qui avaient acheté pour 11 milliards de USD les six premiers mois de 2007, essayent de tirer leur épingle du jeu : ils ont vendu pour dix milliards de dollars d’actions depuis janvier 2008.
Comme partout dans le monde, la Banque Centrale n’a d’autres choix que d’injecter beaucoup d’argent dans le système financier. 8,2 milliards de USD ont ainsi été alloués pour éteindre l’incendie. La planche à billet fonctionne à fond puisque les autorités monétaires viennent d’injecter 4,1 milliards de USD pour lutter contre l’inflation et pour garantir qu’il y ait assez d’argent en circulation dans le pays.
La crise a mis en lumière les fragilités de l’économie indienne, notamment la dépendance des entreprises par rapport à la demande américaine, L’effondrement de celle-ci et ses conséquences sur le marché intérieur indien commencent à avoir un effet très négatif sur le climat des affaires. Chez les entrepreneurs indiens, l’heure est au pessimisme car ils jugent que la menace de récession est bien réelle. Pour preuve : la baisse de régime de l’économie depuis trois mois et le plus mauvais taux de croissance depuis trois ans, c’est-à-dire 7,9% entre avril et juin 2008.
Pour ne pas ébranler la confiance, les autorités de New Delhi affichent un optimisme quelque peu excessif. A leurs yeux, les fondamentaux de l’économie indienne et le système bancaire sont solides. Dernier argument officiel et non des moindres : l’Inde serait protégée des convulsions financières mondiales grâce à d’importantes réserves en devises et à une croissance tirée par la consommation et non par les exportations. Voire.
Any Bourrier

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