Une artiste chinoise a voulu apporter sa contribution aux élections américaines avec une approche très personnelle et originale des candidats à la présidence des Etats-Unis. Dans les tableaux de Xiuyi Shen, née à Shanghai peu avant le début de la Révolution culturelle, Obama, Mc Cain, Bush, les Clinton, entre autres, sont représentés à la manière des grands artistes classiques dans des mises en scène qui rappellent les chefs d’œuvre de Cézanne, Matisse ou Bruegel. Lors d’une soirée de fund raising organisée début octobre par la Dorothy’s Gallery,située dans le quartier de la Bastille, quelques grands formats de Xiuyi Shen figuraient parmi les œuvres exposées dans le cadre d’une soirée dont le registre était l’Obamania.
Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle montrait au public parisien sa vision de la peinture et de la politique. Ou comment les deux peuvent aller bien ensemble. En avril 2007, cette jeune femme audacieuse, qui ne craint pas la polémique, avait présenté à la galerie Marie Demange une série de tableaux dont le thème était déjà une élection, la présidentielle française. Dans un style un peu naïf, elle a imaginé une fable politique réunissant Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy en tenue d’Eve et d’Adam se promenant dans un paradis biblique, surveillés par François Bayrou caché derrière un arbre. Elle a intitulé ce tableau « Jardin d’Eden ». Mais Xiuyi Shen ne s’est pas contentée de croquer les trois principaux candidats, elle a mis en scène également Arlette Laguiller, Dominique Voynet et même François Hollande dans des fantaisies politiques surprenantes par l’acuité du regard, par la pertinence des situations, par la justesse des traits de caractère.
Les élections américaines lui ont donné l’occasion de poursuivre son entreprise iconoclaste de détournement de l’image des hommes politiques avec subtilité, sans jamais tomber dans la caricature ni dans le pamphlet. Encore une fois, l’image lisse et convenue de ces hommes et ces femmes qui sont au centre de l’actualité pendant les campagnes électorales est détournée avec une simplicité ironique et toujours au second degré. Par exemple, dans la reproduction d’un souper réunissant le candidat démocrate, le républicain et leur entourage, elle donne libre cours à son sens de l’observation et du détail. Ses origines doivent y être pour quelque chose : on retrouve dans son travail la tradition si chinoise de l’imagerie politique populaire qui existait partout en Chine au temps de Mao.
L’œuvre de cette belle femme qui a été d’abord calligraphe avant de quitter la Chine « pour arriver à l’excellence », comme elle l’assure, est en quelque sorte son cadeau à la France, un pays qui l’a séduite par « la démocratie, la transparence et les rapports des politiques avec le peuple ».Any Bourrier

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